vineri, 11 mai 2018

Petre (Pierre) Sergescu (1893-1954) Historien des Sciences et promoteur de la discipline. par Alexandre Herlea

Petre (Pierre) Sergescu (1893-1954)
Historien des Sciences et promoteur de la discipline.
par Alexandre Herlea

Mathématicien de haut niveau qui a joué un rôle de premier plan dans le développement institutionnel de l’Histoire des Sciences et des Techniques, Petre Sergescu a été, tout au long de sa vie, un intellectuel engagé, promoteur des grandes valeurs européennes et attaché à ses origines. Cette communication concerne seulement, le titre l’indique, Petre Sergescu en tant qu’historien des sciences et promoteur de la discipline et n’aborde pas les autres aspects de sa prodigieuse activité.
Né en Roumanie, le 17 décembre 1893, il a étudié en France où il a vécu de longues années ; il appartient à cette pléiade de roumains dont l’œuvre fait partie intégrante de la culture française et européenne.
Nous célébrons cette année 125 ans depuis sa naissance ; c’est une occasion pour rappeler ses engagements et réalisations, son rôle et son œuvre. D’ailleurs d’autres initiatives liées à cet anniversaire ont été prises, telle la proposition de Mme Magda Stavinschi de créer à l’Académie Roumaine un prix appelé Petre Sergescu, attribué aux meilleurs travaux en Histoire des Sciences et des Techniques. Elle est également sur le point d’achever la republication du livre de Sergescu Gandirea Matematica (La Pensée Mathématique) précédé d’une introduction sur sa vie et son œuvre. Moi-même, j’ai proposé, au début de l’année, au CTHS la publication d’une biographie qui paraitra sous son patronage ; elle sera réalisée par Mme Stavinschi et moi-même.
Esprit encyclopédique, Petre Sergescu, après avoir passé son baccalauréat dans sa ville natale, au lycée de Turnu Severin, Ph 2 poursuit ses études, en mathématiques et en philosophie, à l’Université de Bucarest Ph 3 où il obtient les licences dans ces deux disciplines en 1916. La même année, il est diplômé du Conservatoire de Musique.
Après la Guerre, il obtient une bourse et poursuit ses études à Paris pendant 4 ans, de 1919 à 1923. Ici il commence à travailler sur sa thèse de doctorat et suit les cours de la Faculté des Sciences de la Sorbonne et ceux de l’Ecole Normale Supérieure de Paris, Ph 4 d’où il sort avec une licence en mathématiques. Il suit aussi l’enseignement en histoire des sciences de Pierre Boutroux au Collège de France.
En 1923, de retour de Paris, P. Sergescu passe, à l’Université de Bucarest, l’agrégation en mathématiques et une brillante thèse avec un sujet du domaine des équations intégrales, intitulée « Sur les noyaux symetrisables ». Ph 5
Immédiatement après, il commence sa carrière comme professeur suppléant à l’Université de Bucarest et à l’Institut Polytechnique de cette ville pour être nommé, en 1926, professeur titulaire de Géométrie analytique à l’Université de Cluj. Ph 6 Il occupe ce poste jusqu’en 1943 quand il retourne à Bucarest où il est nommé titulaire d’une même chaire à l’Institut Polytechnique. Entre temps il est devenu membre de l’Académie des Sciences de Roumanie et membre correspondant de l’Académie Roumaine.
Dans la période d’entre les deux Guerres P. Sergescu développe une riche activité, aussi bien en mathématiques pures que dans l’histoire et la philosophie de celles-ci. Cela tant au niveau de la recherche et de l’enseignement que de la promotion et la diffusion du savoir. Il est actif également au niveau de l’organisation de diverses manifestations scientifiques et participe à la vie des institutions du domaine, tel l’Académie Internationale d’Histoire des Sciences - AIHS, initiée en 1928 lors du Congrès International des Sciences Historiques d’Oslo par Aldo Mieli Ph 7 et un groupe d’historiens des sciences et des techniques tels : George Sarton, Charles Singer, Abel Rey. Son siège sera à Paris, 12 rue Colbert, dans l’Hôtel de Nevers, Ph 8 à côté de la Bibliothèque Nationale.
Dans le domaine des mathématiques contemporaines, P. Sergescu s’intéresse aux équations intégrales dont il s’est occupé dans sa thèse de doctorat, à l’algèbre, domaine dans lequel il a le plus publié, à la théorie des nombres, à l’analyse combinatoire, à la théorie des fonctions, etc.
Il organise les deux premiers congrès de mathématiques qui ont eu lieu en Roumanie : en 1929 à Cluj Ph 9 et en 1932 à Turnu Severin. Ph 10 & Ph 11 Ces congrès bénéficient d’une importante participation internationale et feront connaitre Sergescu. C’est lui qui fonde aussi, sous le patronage de ses maîtres Gh. Titeica et Dimitrie Pompeiu, la prestigieuse revue Mathematica Ph 12 (revue bilingue franco-roumaine) à laquelle collaborent non seulement des roumains mais aussi de nombreux étrangers de haut niveau tel les français : Paul Montel, Emile Picard, Maurice Fréchet. Il en est le rédacteur en chef et également un sponsor, sa contribution financière étant essentielle ; 23 volumes vont sortir jusqu’en 1948. Cette revue atteste, comme l’affirme René Taton, en 1955, dans la Revue d’Histoire des Sciences: « à la fois le haut niveau atteint par la science roumaine et la riche collaboration internationale que Pierre Sergescu a su lui attirer »
P. Sergescu participe à de nombreux colloques et congrès internationaux de mathématiques et d’histoire des sciences principalement en France et en Pologne, pays avec lesquels il a des relations privilégiées. Et c’est normal, il est un grand francophile qui a fait ses études en France et sa femme, l’écrivaine Marya Kasterska qu’il a épousée à Paris en 1922, est polonaise avec des ancêtres français. Ph 13
Il est membre depuis 1920 de la Société Mathématique de France ; participe en 1930 et 1933 Ph 14 aux congrès de l’Association Française pour l’Avancement des Sciences - AFAS d’Alger et de Chambéry. Dans les années ’30 et début des années ’40, il donne des cours et fait des conférences et séminaires, dans plusieurs universités françaises : Paris-Sorbonne, Clermont-Ferrand, Poitiers, Montpellier, ainsi que dans des universités francophones de Belgique (Bruxelles, Liège) et Suisse (Genève, Lausanne, Neuchâtel, Fribourg). En 1932, la France lui décerne, en tant que professeur à l’Université de Cluj où l’influence française est très forte, la Légion d’Honneur.
En Pologne, Ph 15 Sergescu qui est membre de la Société Polonaise de Mathématiques est le Président d’Honneur du deuxième et troisième Congrès des Mathématiciens Polonais, à Wilnio en 1931 et à Varsovie en 1937. Il parle polonais et entretient des relations privilégiées avec ses collègues. Il tient des cours et conférences dans les universités de Lwow, Wilnio, Poznan et Varsovie, est membre correspondant de la société Scientarum Varsoviensis et membre de la Société pour l’Histoire et la Littérature de Pologne. Il est décoré de l’ordre Polonia Restituta.
Entre les Deux Guerres, P. Sergescu participe à des congrès et colloques aussi dans d’autres pays européens, tels le Congrès International des Mathématiciens de Zurich, en 1932 et en 1937 à celui des mathématiciens des pays slaves à Prague. A partir de 1934, date de son entrée dans l’Académie Internationale d’Histoire des Sciences, il participe à tous les congrès de celle-ci. En cette année le congrès qui est le troisième, a lieu au Portugal.
Ainsi dans les années ’30, P. Sergescu s’est imposé sur la scène internationale. Ph 16 Rappelons encore qu’en 1933, à Varsovie, il est élu président de la section d’Histoire des Sciences du Congrès des Sciences Historiques. En 1936, à l’occasion de la présence en Roumanie du Comité International des Sciences Historiques, il organise à Cluj et Bucarest, une réunion des grands historiens des sciences d’une dizaine de pays, dont Aldo Mieli, Charles Singer, Ph 17 Arnold Reymond, Mario Gliozzi. En 1937, au quatrième congrès de l’Académie Internationale d’Histoire des Sciences, qui a lieu à Prague, il est élu vice-Président, responsabilité qu’il gardera jusqu’en 1947 quand il en prend la Présidence.
La même année, à Paris, il est le président du deuxième congrès des « Récréations Mathématiques », ce qui souligne le prestige dont jouit P. Sergescu dans le domaine de la diffusion des connaissances mathématiques.
Dans le domaine de l’histoire et la philosophie des mathématiques et plus généralement des sciences, il publie Ph 18 plusieurs livres et nombreuses études parmi lesquels : Gandirea Matematica (La Pensée Mathématique), paru à Cluj en 1928 et couronné par l’Académie Roumaine qui porte sur l’histoire et la philosophie des mathématiques depuis la Grèce antique au 20ème siècle (le premier livre écrit par un roumain sur ce sujet) ; Les sciences mathématiques en France, paru à Paris en 1933, couronné par l’Académie des Sciences française qui présente le développement des mathématiques françaises au 19ème et début du 20ème siècles ; le chapitre sur les mathématiques françaises au 19ème siècle dans le volume L’évolution des sciences mathématiques et physiques, paru chez Flammarion en 1935 ; l’étude réalisée pour le Pavillon Français à l’Exposition Universelle de New York de 1939 intitulée : Some important dates in the evolution of French mathematics, publiée en des dizaines de milliers d’exemplaires. Ph 19
Parmi les études je mentionne encore: Ph 20 « L’évolution des principes de la mécanique de Newton à Laplace », publiée en 1929 dans les Annales de la Société polonaise des mathématiques ; « La vie contemporaine des mathématiques » (Revue de l’Université de Bruxelles, 1937), « Le développement des sciences mathématiques en Roumanie » (La vie scientifique en Roumanie, Bucarest, 1937) ; « Dernières batailles pour le triomphe du calcul infinitésimal » (Sphinx, Bruxelles, 1938) ; « Un soldat de la mécanique cartésienne au début du 18ème siècle : Antoine Parant » (Sphinx, Bruxelles, 1938) ; « Les mathématiques au Moyen-Age » (Le Flambeau, Bruxelles, 1939) ; « Mathématiciens révolutionnaires » (Sphinx, Bruxelles, 1939).
À la suite du Dictat de Vienne du 30 aout 1940 la Roumanie perd la Transylvanie du Nord, dont la ville de Cluj, et Sergescu suit l’Université et se réfugie à Timisoara où il reste 3 ans. Ph 21
La fin de la Seconde Guerre Mondiale, le trouve, comme je l’ai déjà dit, professeur de géométrie analytique à l’Institut Polytechnique de Bucarest Ph 22 dont il est élu, en janvier 1945, Président (Recteur). Il y remplira cette fonction jusqu’en août 1946 quand il se réfugie avec sa femme à Paris pour ne plus jamais retourner en Roumanie. Ph 23
A Paris P. Sergescu va se consacrer à la science, surtout à l’histoire des sciences et à la Roumanie. Il sera chargé de recherches au CNRS, à partir de 1952. Au niveau de l’histoire des sciences, son action est prodigieuse, il devient le principal artisan de la collaboration internationale dans ce domaine.
Il faut préciser qu’à la fin de la guerre « l’Académie Internationale d’Histoire des Sciences - AIHS », principale institution de cette discipline, reprend ses activités. Elle souhaite bénéficier de l’aide que l’UNESCO, créée en novembre 1945, pourrait lui apporter et sait que celle-ci va soutenir l’ICSU (the International Council of Scientific Unions) qui regroupe plusieurs organisations dont l’objectif est la promotion de l’activité scientifique.
Il semble que Joseph Needham Ph 24 a eu le premier l’idée d’introduire l’Histoire des Sciences et des Techniques dans l’ICSU.
L’AIHS doit faire les démarches nécessaires et entamer des négociations. Mais, en automne 1946, sa situation est difficile : son Secrétaire perpétuel Aldo Mieli est en Argentine, très malade, le Président, Arnold Reymond, habite Lausanne et le secrétaire-trésorier J. A. Volkgraff à Leyde. Seuls deux responsables sont à Paris, où se déroulent les négociations, le Vice-Président, Pierre Sergescu qui vient d’arriver en août ’46 et Pierre Brunet archiviste-bibliothécaire ; ce sont eux qui entament, fin 1946, les négociations avec l’UNESCO et l’ICSU. L’UNESCO est représenté par Joseph Needham et Armando Cortesao et l’ICSU par A. Establier. La solution qui se dégage est de créer une structure calquée sur le modèle des autres organismes membres de l’ICSU. Celle-ci va être « l’Union Internationale d’Histoire des Sciences - UIHS ». Fin décembre le Conseil de l’Académie approuve cette solution qui bénéficie du support des personnalités les plus connues du domaine, tel : Ch. Singer, A. Reymond, G. Sarton, Ph 25, R. Taton ou M. Daumas. Ph 26
Peu de temps après P. Brunet tombe malade et P. Sergescu reste seul en première ligne. C’est lui qui, à partir de décembre 1946, va jouer le rôle clef dans l’organisation institutionnelle de la discipline. Passionné d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques P. Sergescu n’a pas seulement l’enthousiasme de l’accomplissement mais aussi la compréhension de la situation institutionnelle et la capacité de définir une stratégie pour agir efficacement.
Au cinquième Congrès International de l’Histoire des Sciences qui a lieu à Lausanne du 1-4 octobre 1947, la décision de créer l’UIHS est entérinée et P. Sergescu est élu secrétaire général. En même temps il est élu aussi Président de l’AIHS et une liaison statutaire est établie entre les deux institutions. L’UIHS devient membre de l’ICSU et Sergescu son délégué auprès de l’ICSU est également membre du Conseil de celui-ci. Ph 27
Grâce à la liaison statutaire entre l’UIHS et l’AIHS, cette dernière peut elle aussi être financée. Peut ainsi paraitre, en 1947, le premier numéro des « Archives Internationales d’Histoire des Sciences », qui est l’organe de l’Académie. P. Sergescu, encore lui, sera son rédacteur en chef et à partir de 1951 son Directeur. Ainsi il assure, à partir de l’automne 1947 et jusqu’à son décès, l’administration et le bon fonctionnement des activités de l’Académie et de l’Union d’histoire des sciences ainsi que ceux des Archives. En 1950, au sixième Congrès International de l’Histoire des Sciences qui a lieu à Amsterdam, P. Sergescu sera élu secrétaire perpétuel de l’Académie. C’est la consécration. Il avait espéré pouvoir organiser ce congrès à Bucarest, mais la situation politique a rendu ce projet irréalisable.
Le dernier Congrès International de l’Histoire des Sciences auquel Sergescu participe est celui de Jérusalem en 1953 où il est le délégué de la France.
J’ai insisté sur le déroulement de ce processus de création d’institutions pour l’Histoire des Sciences et des Techniques étant donné qu’il met bien en évidence le rôle joué par P. Sergescu et ses qualités. Il va falloir étudier les archives de ces négociations pour avoir plus de détails sur leur déroulement, je me base ici surtout sur ce que René Taton, son grand ami qui lui a succédé comme secrétaire général de l’UIHS, a écrit sur ce sujet.
Mais à Paris, après la Deuxième Guerre, P. Sergescu développe aussi d’autres activités dans le domaine des sciences, de leur histoire, enseignement et diffusion. Il organise ainsi, à partir de 1946, les réunions annuelles Ph 28 de la section d’Histoire des Sciences de « l’Association Française pour l’Avancement des Sciences - AFAS » aux congrès de laquelle il participe (à Nice, Biarritz, Genève, Ph 29 Clermont-Ferrand, etc.). Il fonde le Séminaire d’Histoire des Mathématiques à l’Institut Henri Poincaré et suscite la mise en place, dans le cadre de la Sorbonne, des cycles annuels des conférences mensuelles d’histoire des sciences qui se déroulent au Palais de la Découverte, Ph 30 où il participe aussi à la réalisation de plusieurs expositions.
Il a beaucoup écrit, surtout dans le domaine des mathématiques et de l’histoire et philosophie des sciences, plus de 160 titres. L’un de ses livres les plus appréciés, parus à Paris en 1951 est « Coup d’œil sur les origines de la science exacte moderne ». Ph 31
Mais, en dehors de la science, P. Sergescu s’intéresse aussi à la Roumanie et aux roumains exilés. Ce n’est pas une nouveauté car, il n’est pas un chercheur dans sa tour d’ivoire ; c’est un intellectuel engagé, charismatique, bon organisateur, défenseur des valeurs européennes, grand francophile et grand patriote roumain. Lors de la Grande Guerre il est arrêté par les Allemands qui occupent Bucarest et passe 18 mois dans des camps de prisonniers. Au début des années ’40 il prend contact avec la Résistance française en Suisse.
A Paris, après la Seconde Guerre, il dénonce l’occupation soviétique et la terreur instaurée par les communistes et mène une campagne qui vise à mettre en évidence le caractère profondément européen de la Roumanie. Il est le Président de l’Association des roumains Professeurs des Universités à Paris et le Directeur général de la Fondation Universitaire Roi Charles I. Il est présent aussi dans les débats longs et difficiles concernant l’organisation politique de l’exil, notamment la structure, la composition et le rôle du Comité National Roumain. Il se dévoue à l’assistance des réfugiés. Mais cet aspect de la vie de P. Sergescu dépasse le cadre de cette communication et nous n’allons pas le développer.
Rappelons seulement encore que sa femme Marya Kasterska et lui-même, dans leur appartement du Quartier Latin au 7, rue Daubenton, Ph 32 animent un salon culturel où se retrouvent les samedis soir des personnalités parisiennes de la vie culturelle et scientifique tels Henry de Montherlant, les mathématiciens Paul Montel et Emile Borel, l’historien des sciences René Taton à côté des réfugiés des pays de l’Europe de l’Est, notamment de Roumanie, tel Mircea Eliade ou Nicolae Herescu et des jeunes étudiants.
Petre Sergescu décède le 21 décembre 1954, quatre jours après avoir fêté son 61 anniversaire, en pleine force de travail ; c’est une perte durement ressentie par tous ceux qui l’ont connu. Ph 33 Il est enterré au cimetière de Montmorency et sur sa tombe est écrit : « J’ai ce que j’ai donné ».
Pour conclure, je cite les paroles, sur Petre Sergescu, des deux grands professeurs d’histoire des sciences et des techniques, réalisateurs, l’un de « Histoire Générale des Sciences » (René Taton) et l’autre de « Histoire Générale des Techniques » (Maurice Daumas) parues chez PUF dans les années 1970. Ph 34
Dans un article publié dans les Archives Internationales, R. Taton écrit : « La disparition de cet homme simple, amical et dévoué, de cet historien probe et modeste, de cet animateur hors pair, fut profondément ressentie aussi bien parmi les émigrés roumains qu’il avait aidés avec un extrême dévouement, parmi les nombreux disciples et amis qu’il avait su réunir et parmi toute la communauté internationale des historiens des sciences qu’il avait contribué à reconstruire et animer »
En me recevant au CNAM en 1972 et sachant que je suis d’origine roumaine, M. Daumas me parla de Pierre Sergescu et entre autres il m’a dit : « vous savez nous les historiens des sciences et des techniques français nous sommes tous des disciples de Pierre Sergesco ». Quel bel hommage !

Bibliographie
ANDONI, G. St. Petre Sergescu (1893-1954) Istoria Matematicii in Romania. Vol. II, Ed. stiintifica, Bucuresti, 1966, pp. 378-386. Comprend la bibliographique de P. Sergescu,
BODENHEIMER, F.S. Petre Sergescu (1893-1954). Archives Internationales d’Histoire des Sciences, nr. 30, 1955, p. 3.
CALAFETEANU, I. Exilul romanesc. Erodarea sperantei. Documente (1951-1975), Ed. stiintifica, Bucuresti, 2003.
George Cioranescu si exilul romanesc. Documente din arhiva Fundatiei Regale Universitare Carol I. Ed. Institutului Cultural Roman, Bucuresti, 2007.
HALEUX, Robert, Severyns, B. Twenty Five Years of International Institutions
HERLEA, Alexandre. Petre (Pierre) SERGESCU (1893-1954) un artisan de la coopération internationale en Histoire des Sciences. Bulletin de la Société Française d’Histoire des Sciences et des Techniques, nr. 35/ février 1994, pp. 14-19
MONTEL, P. Discours prononcé aux funérailles de Pierre Sergescu. Archives Internationales d’Histoire des Sciences, nr. 30, 1955, p. 3.
NICOLESCU, Basarab. Un cuplu mitic : Petre Sergescu si Marya Kasterska, Conferinta, Muzeul National al Literaturii Romane, Bucuresti, 3 octombrie 2013
Pierre Sergescu (1893-1954) Brochure d’une douzaine d’études sur la vie et l’œuvre de P. Sergescu, ed. J. Brill, Leiden, 1968, Publié aussi dans la revue Janus, t. 55, 1968, pp. 1-73.
SIMIONESCU, Dan. « Bibliothèque roumaine Pierre Sergesco-Marya Kasterska ». Biblioteca si cercetarea. Bucuresti, vol. 6, pp. 343-353
STAVINSCHI, Magdalena. René Taton et Pierre Sergescu, une collaboration au bénéfice de l’histoire des sciences. Archives Internationales d’Histoire des Sciences, nr. 159, 2007, pp. 553-562.
STAVINSCHI, Magdalena. Petre Sergescu si Gandirea matematica, manuscrit, sous-presse, ed. Eikon, Bucarest, 2018
TATON, René. Pierre Sergescu. Revue d’Histoire des Sciences, t. VIII, Paris, 1955, pp. 77-80
TATON, René. Pierre Sergescu, son œuvre en Histoire des Sciences et son action pour la renaissance des Archives Internationales d’Histoire des Sciences. Archives Internationales d’Histoire des Sciences, vol. 37, 1987, pp. 104-109


joi, 10 mai 2018

Considérations sur la vie et l'activité de Sabin Manuilà de Sorina & Ioan Bolovan


128 • Transylvanian Review • VoL IV, No. 1 (Spring, 1995)
Considérations sur la vie et l'activité de Sabin Manuilà
Sorina & Ioan Bolovan
Center for Transylvanian Studies, Cluj-Napoca
En 1946, Gheorghe I. Bratianu publiait une étude remarquable sur Marc Bloch intitulée „Un savant et un soldat"1 où il essayait de résumer en quelques mots les dimensions fondamentales de l'existence et de la création du grand historien français, assassiné avec bestialité par les nazis. Nous nous permettons d'employer ici le syntagme inspiré par le titre de l'étude de Gh. I. Bratianu pour caractériser aussi bien la vie et l'oeuvre de Sabin Manuilă en général que ses rapports avec la Transylvanie en particulier. Plus personne ne doute aujourd'hui de la valeur scientifique incontestable de l'oeuvre du savant Sabin Manuilă. Le second attribut, celui de soldat, s'est matérialisé pendant les années de la première guerre mondiale et en automne de l'année 1918, lors de l'Union de la Transylvanie à la Roumanie. Mais l'attribut de combattant a résulté surtout de l'implication de Sabin Manuilă comme homme de la cité, dans la vie publique, de la finalité politique de plusieurs de ses démarches scientifiques dans une période où le révisionnisme menaçait l'intégrité territoriale de l'état national roumain.
Comme on le sait, S. Manuilă a été, par sa naissance, un fils de la Transylvanie. Il est né le 7/19 février 1894 à Sîmbâteni, près d'Arad, d'une famille de militants pour les droits des Roumains vivant sur le territoire de l'état hongrois. Son oncle, Vasile Goldis, a été l'une des personnalités marquantes du Parti National Roumain de Transylvanie, celui qui, le 1 Décembre 1918, a lu la Résolution d'union. Son père, Fabriciu Manuilă, archiprêtre orthodoxe de Lipova, a dirigé l'enseignement confessionnel de son diocèse dans une période où la politique de magyarisation forcée du gouvernement hongrois de Budapest avait atteint son paroxysme2.
Il a commencé son éducation primaire à la maison, a fait le lycée à Arad et ensuite à Brasov où il a passé son examen de baccalauréat en 1912. Dans cette ville située au pied de Tîmpa et grâce à des professeurs compétents, son caractère d'exception a commencé à se

1 Gh. I Bratianu, „Un savant et un soldat", dans Revue Historique du Sud-Est Européen, XXIJJ, 1946.
2 L. Maior, Jrolitica scolara a guvernelor maghiare fa{a de romani 1900-1914", dans Anuarul Institutului de Istorie Cluj-Napoca, XXX, 1990-1991, p. 123.
Considérations sur la vie et l'activité de Sabin Manuilă • 129
former au point de vue éducatif et moral ( le professeur Axente Banciu a eu une grande influence en ce sens, figure d'instituteur et d'historien peu connue de nos jours mais beaucoup appréciée par Sabin Manuilă)3.
Après le lycée, Sabin Manuilă a été obligé de s'inscrire à la Faculté de Médecine de Budapest car les Roumains transylvains ne bénéficiaient pas, avant 1918, d'une institution d'enseignement supérieur en roumain. De 1912 à 1919 il a suivi les cours de cette faculté étant l'un des membres actifs de la société estudiantine „Petru Maior" de Budapest et un des collaborateurs des journaux roumains de Transylvanie. Pendant la première guerre mondiale, Sabin Manuilă s'est trouvé, comme beaucoup d'autres Roumains, dans une situation dramatique, devant lutter, entre 1916-1918, dans l'armée austro-hongroise pour une cause étrangère à sa nation d'origine (dans le service médical du front russe).
La dissolution de l'Empire austro-hongrois en automne 1918 et le radicalisme pris par le mouvement national roumain de Transylvanie ont trouvé Sabin Manuilă impliqué dans la lutte pour la défense des intérêts nationaux. Il s'est enrôlé dans la garde nationale de Lipova, soutenant les efforts d'instauration de l'administration roumaine en Transylvanie, quand la population majoritaire a appliqué, le 1-er Décembre 1918, à Alba Iulia, le principe du droit à l'autodétermination nationale et s'est unie à la Roumanie. Longtemps après, lors de sa spécialisation aux Etas-Unis, Sabin Manuilă a reçu une lettre d'une connaissance roumaine établie à Détroit qui lui rappelait l'atmosphère pendant l'Union. Dans cette lettre datée du 16 octobre 1925, il affirmait: „Je me rappelle très bien qu'en 1918, à l'époque de la révolution, vous aviez la commande de la garde nationale de notre ville, Lipova, et que nous, les étudiants, vous aimions et vous estimions beaucoup"4. D'ailleurs Sabin Manuilă a participé à la Grande Assemblée d'Alba Iulia en qualité de représentant de la société estudiantine „Petru Maior". Fait significatif pour le militantisme de sa famille, à Alba-Iulia ont participé comme représentants de différentes organisations culturelles et religieuses, son père, Fabriciu Manuilă, et son frère, Camil Manuilă5.
Après l'union de la Transylvanie à la Roumanie, l'instauration d'une vie d'état et la généralisation de l'administration roumaine dans cette province ont rendu nécessaire la création de la première université roumaine, en 1919, à Cluj. Sabin Manuilă est devenu médecin de l'hôpital d'enfants de l'Université. Il a été inclu par la suite dans le corps des enseignants universitaires comme assistant et ensuite comme chef de travaux à la Faculté

La Bibliothèque Centrale Universitaire ..Lucian Blaga" de Chij-Napoca, Collections spéciales, Correspondance, les trois lettres de S. Manuilă adressées à A. Banciu.
4 Les Archives de l'Etat de Bucarest, Fond Sabin Manuilă, dossier V901, f. 9 (continué par ASB, FSM).
5 1918 la Romani. Documentele Unirii Transikaniei eu România. 1 Decembrie 1918, vol. X, Bucarest 1989, p. 118,120,186.
130 • Transylvanian Review • VoL IV, No. 1 (Spring, 1995)
de Médecine (dans le cadre des chaires d'anatomie pathologique et d'hygiène sociale dirigées par les professeurs Victor Babes et Iuliu Moldovan)6.
Son activité didactique a été doublée d'un riche travail de recherche scientifique. En 1921, il a rédigé l'ouvrage Epidemiile din Transilvania (Les épidémies de Transylvanie), présenté au cours du plus haut forum scientifique du pays par l'éminent savant Victor Babes, ouvrage qui a remporté aussi le prix de l'Académie Roumaine. En même temps, S. Manuilă a récolté des milliers d'échantillons de sang dans les villages de Transylvanie afin de faire l'analyse des groupes sanguins ABO. Il a intégré les données obtenues dans son étude sur la structure génétique de la population roumaine et les résultats de ses investigations sérologiques et immunologiques ont été publiés dans des revues de prestige du pays et de l'étranger (il devenait de la sorte un des «pionniers" d'une science en train de se constituer en Europe à cette époque)7.
En 1926, de retour des Etats-Unis où il avait obtenu une bourse de la part de la Fondation Rockefeller pour compléter sa spécialisation dans les domaines de la biométrie et de la santé publique, Sabin Manuilă a été nommé inspecteur général de la santé publique en Transylvanie et membre du Conseil sanitaire supérieur. Malgré sa jeunesse, ce poste venait confirmer sa ténacité, sa force de travail et son talent d'organisation qui l'ont caractérisé tout au long de sa vie.
La passion pour la recherche sur le terrain a déterminé Sabin Manuilă à s'impliquer dans l'organisation et la coordination des équipes estudiantines de monographie, actives durant la quatrième décennie, fait qui a eu pour conséquence une fructueuse collaboration avec D. Gusti. De 1934 à 1935, il a dirigé les équipes d'étudiants qui faisaient des enquêtes sociologiques et démo-sanitaires dans les villages de F ibis et Sîmbâteni de Banat. Le phénomène de la «dépopulation du Banat" a engendré un débat important dans la vie scientifique et politique roumaine de la période de l'entre-deux-guerres, suite aux conséquences biologiques, économico-sociales, démographiques et politico-nationales8. L'attention des équipes de travail coordonnées par S. Manuilă a surtout porté sur le problème de la réduction de la mortalité infantile en milieu rural et sur la création d'une stratégie optimale dans le domaine sanitaire qui puisse prévenir «le collapsus biologique". Ses observations pertinentes, à côté de celles de D. Gusti, P. Râmneanțu, P. Nemoianu, etc., ont constitué une source d'informations importante pour une meilleure compréhension

6 Anuarul Universitatii din Cluj, les années 1919-1920,p. 24; 1921-1922,p. 207.
7 Antologia asociafiUor si personalitafilor culturale românesti din exil 1940-1990, édition D, San Diego, 1991, p. 3S8.o
* P. Nemoianu, «Depopularea Banatului", dans Analele Banatului, BJ, 1930, nr. 3, p. 28-32; P. Râmneanțu, ..Studiu asupra depopulării Banatului. Cauzele depopulării. Rezultatele anchetei demografice din comuna Varadia, jud Caras", dans Buletin eugenic și biopolitic, VI, 1935, nr. 7-9, p. 193-269; D. Șandru, Populația rurală a României între cele doua războaie mondiale, lași, 1980, p. 34-36.
Considérations sur la vie et l'activité de Sabin Manuilă • 131
du phénomène par les facteurs responsables. Conformément à sa formation et à son esprit théorique et pratique, S. Manuilă a joint, pendant ces années-là, l'écrit à la parole, soutenant de nombreuses conférences, rédigeant des mémoires et publiant des articles sur le phénomène de la dépopulation du Banat9.
L'une des préoccupations constantes de Sabin Manuilă a été d'établir correctement la composition ethnique de la population de la Roumanie en général et de la Transylvanie en particulier. Après la formation de l'état national roumain unitaire en 1918, il était extrêmement important pour l'état roumain de connaître la situation réelle des rapports ethniques dans les provinces unies en 1918. L'étude Evolufia demograficâ a oraselor si minoritàfilor etnice din Transilvania (Evolution démographique des villes et des minorités ethniques de Transylvanie), élaborée et présentée lors des réunions de l'Académie de 1929 (institution qui a couronné l'auteur d'un autre prix), représente la première contribution majeure de S. Manuilă à la recherche de la structure ethnique des villes transylvaines10. Il inaugure de la sorte une direction de recherche particulièrement importante pour contrecarrer les thèses étrangères, tendancieuses qui affirmaient que dans la Transylvanie d'après 1918 avait lieu la „roumanisation" forcée des villes et que l'état roumain promouvait une politique brutale d'assimilation des minorités, etc.
Avec une méthode rigoureuse et dans l'esprit de l'objectivité qui a caractérisé toute son activité, S. Manuilă a démontré que les villes transylvaines avaient en 1918 un caractère ethnique à prépondérance hongroise, vu que l'établissement de l'élément ethnique roumain en milieu urbain avait été empêché, par différents moyens, pendant des siècles. Après la suppression des obstacles politiques, économico-sociaux et culturels par l'union de cette province à la Roumanie, suite à l'afflux naturel de la population rurale vers le milieu urbain en phase d'industrialisation, la structure ethnique des villes a subi des modifications essentielles. Puisque la population rurale de Transylvanie était roumaine dans sa majorité, il était normal que les Roumains acquièrent en quelques décennies, une majorité relative ou absolue en milieu urbain aussi, à voie naturelle, suite aux immigrations des villages transylvains. Ce même phénomène caractérisait à l'époque toutes les provinces unies à la Roumanie en 1918. S. Manuilă a présenté ses conclusions concernant l'évolution de la structure ethnique des villes de Transylvanie, de Bucovine et de Bessarabie lors d'une communication à Rome en 1931, à l'occasion du Congrès international d'études sur la population (les 7-10 septembre 1931)11.

9 Sabin Manuilă, Jtegresul biologie al satelor banatene", dans Luceaférul, Timisoara, décembre 1936; ASB, FSM, dossier 17499, f. 5; dossierXL7112.
10 Sabin Manuilă ..Evohrtja demograficâ a oraselor si minoritaplor etnice din Transilvania", dans Ârkiva pentrusUinM}ireformasocialâ, Vin, 1929,nr. 1-3,p. 91-212.
Sorina Bolovan, „S. Manuilă's Contribution to the Research of the Urban Population of Romania", dans Transylvanien Review, voL I, nr. 1, Summer 1992, p. 57.
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Le problème de la composition ethnique de la population de Transylvanie, sa distribution en milieu rural et urbain, le déplacement naturel de la population, etc. ont fait l'objet de plusieurs conférences et études réalisées par S. Manuilă durant la quatrième décennie: „Les problèmes concernant la population de la Transylvanie", „Le développement des villes de Transylvanie", „La structure ethnique de la frontière de l'ouest", etc. n.
Les démarches scientifiques de S. Manuilă étaient doublées d'une finalité politique incontestable à cette époque-là, caractérisée par l'ascension du fascisme et l'intensification de la propagande révisionniste. Tant l'Union Soviétique que la Hongrie et la Bulgarie émettaient des prétentions territoriales à l'adresse de la Roumanie, ce qui imposait, sur le plan interne, une réplique scientifique, objective. S. Manuilă a été l'un de ceux qui se sont effectivement impliqués dans la lutte contre les thèses révisionnistes13. Par ses études statistiques et démographiques, il fournissait des données qui démontraient qu'en Transylvanie, Bucovine et Bessarabie la mise en pratique du droit à l'autodétermination nationale a été soutenue par une majorité ethnique roumaine dans toutes les provinces.
L'été de 1940 a été néfaste pour la Roumanie compte tenues des pertes territoriales qu'elle a subies. D'abord, suite à l'ultimatum du 26 juin, la Bessarabie, le nord de la Bucovine et la région de Herța ont été occupés par l'Union Soviétique. Grâce à la compétence de S. Manuilă, le Ministère de l'Extérieur de Roumanie lui a demandé de participer, et de fournir la documentation nécessaire aux négociations avec l'Union Soviétique qui ont eu lieu à Turnu-Severin les 16-24 août 1940. Pendant ces journées, Manuilă a essayé de sensibiliser les forums de décision sur la possibilité d'échange de la population, afin de réduire au minimum les pertes territoriales de la Roumanie'4. Malheureusement, les négociations ont été arrêtées à cause de la position rigide de la délégation hongroise. Suite aux pressions de l'Allemagne et de l'Italie, une délégation roumaine a été convoquée à Vienne pour le 30 août pour clarifier le différend roumano-hongrois. S. Manuilă a fait partie15 de la délégation roumaine, mais cette fois-ci c'est le droit de la force qui l'a emporté: on a imposé à la Roumanie de céder en faveur de la Hongrie, la partie du nord-ouest de la Transylvanie ayant une population en majorité roumaine. S. Manuilă a d'ailleurs publié par la suite un ouvrage où il met en évidence la

12 Sabin Manuilă, „Les problèmes démographiques en Transylvanie", dans Revue de Transylvanie, J, 1934, nr. 1, p. 45-60; „Le développement des centres urbains en Transylvanie", dans Revue de Transylvanie, nr. 4,
p. 445460; ASB, FSM.
13 Sabin Manuilă, România si revizionismul", dans Arhiva pentru stiință si reformă socială, XII, 1934, nr. 1-2.
14 Valeriu Pop, Bătălia pentru Ardeal, édition soignée par Sanda Pop et Nicolae C. Nicolescu, Bucarest, 1992, p. 85,140.
15 R. Bossy, Amintiri din viața diplomaticâ (1918-1940), voL. I-II, Bucarest, 1993, p. 279.
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prépondérance de l'élément ethnique roumain (49, 2%) dans les territoires occupés par la Hongrie, ainsi que les conséquences démographiques négatives ayant résulté de cet arbitrage pour la population roumaine16.
Dans ces conditions, la nécessité d'organiser en Roumanie un recensement général de la population s'imposait de force, afin d'évaluer correctement les pertes territoriales et démographiques de l'été 1940. En automne et en hiver 1940, S. Manuilă s'est préoccupé de la préparation et du déroulement de ce recensement. Dans un mémoire qu'il a adressé au dirigeant de l'état, Manuilă écrit: „Mon rôle, en qualité d'organisateur du recensement général de 1930 et de directeur de l'Institut Central de Statistique, et même en qualité d'homme de science et de Transylvain, est celui d'insister afin que le pays soit armé des meilleures armes, car nous en aurons besoin à la Conférence de paix afin de regagner nos frontières nationales. C'est le seul idéal qui me préoccupe en ce moment, c'est ma raison d'être. Je milite pour cette idée dans toutes les circonstances de ma vie. Je milite pour cette idée dans toutes les circonstances, par ce que je dis, ce que j'écris et ce que je fais. Et je suis convaincu que personne n'ait plus milité que moi pour cette idée..."'7.
Le problème de refaire les frontières naturelles du pays était évidemment devenu l'une des préoccupations majeures de ceux qui étaient responsables du sort de la Roumanie. Le 16 juin 1942, Mihai Antonescu a convoqué plus de 100 personnalités politiques et scientifiques (parmi lesquelles S. Manuilă) afin de préparer les documents pour la future Conférence de paix. Une des décisions prise à cette occasion a été celle concernant „l'amplification de l'activité de l'Office (de l'institut - n.a.) de statistique dirigé par S. Manuilă18.
Conscient du nombre réduit de personnel médical de spécialité existant en Roumanie, S. Manuilă a conçu en 1944-1945, un projet d'organisation d'une nouvelle faculté de médecine à Timisoara. Ce n'est pas par hasard qu'il a placé cette institution, conçue selon le système des institutions similaires qu'il avait connues aux Etats-Unis, lors de sa spécialisation à l'Université Johns Hopkins de Baltimore, dans la ville située au bord de la Bega. Elle devait préparer le corps médical qui aurait pour mission principale de résoudre le problème de la réduction de la population du Banat19. Malheureusement, la situation politique interne et celle du pays de la fin de la guerre ont empêché S. Manuilă de s'occuper de la mise en pratique immédiate de ce projet.
Après avoir quitté la Roumanie, au début de l'année 1948, pour échapper aux prisons communistes, S. Manuilă a continué son activité scientifique en exil, à New York où il

" Sabin Manuilă, The Vienna Award and its Demographical Conséquences, Bucarest, 1945.
17 ASB, FSM, dossier 1/199, f. 7.
18 Ion Ardeleanu,«Biroul Pacii: proiecte privind soluționarea problemei frontierelor României si realizarea
unor bune relatii în Balcani», dans Europa XXT, voL I-H71992-1993, p. 128-129.
19 Antologia asocialiilor si personalităților...,p. 389.
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s'est établi. Un fait tout à fait significatif pour le syntagme proposé au début de notre présentation est que S. Manuilă a élaboré en 1957, en collaboration avec le Dr. W. Filderman (ancien président de la Fédération des communautés juives de Roumanie) une étude remarquable sur Evoluția numerică regională a populației evreiești din România (Evolution numérique régionale de la population juive de Roumanie). Cette étude a été également présentée au Congrès de l'Institut International de Statistique de Stockolm des 8-15 août 1957. On présentait ainsi dans un forum scientifique de prestige, des conclusions d'une grande importance pour la connaissance réelle des dimensions de l'holocauste en Roumanie. La forte réduction du nombre des Juifs de Roumanie après la guerre a été tout d'abord attribuée à la déportation en Allemagne des Juifs du nord-ouest de la Transylvanie, occupée par la Hongrie (environ 90.295 personnes). Les pertes dans les provinces de l'ancien Royaume, dans la Transylvanie d'aujourd'hui et dans la Bucovine du sud ont été estimées à environ 15.000 personnes. Il était donc normal que le Dr. W. Filderman affirme que dans aucun des pays se trouvant sous l'influence de l'Allemagne n'ait survécu une aussi grande proportion de Juifs qu'en Roumanie20.
Dans l'espace restreint de cette présentation, nous n'avons fait que schématiser quelques moments de la biographie et de l'oeuvre de Sabin Manuilă qui ont réussi, pensons-nous, à mettre en évidence les attributs de savant et de soldat d'une grande personnalité de la science roumaine contemporaine.

20 S. Manuilă, Dr. W. Filderman, Populajia evreiascâ din România în timpui celui de-al doilea rûzboi mondial/The Jewish Population in România during World War II, édition Kurt W. Treptow et Lany Watts, Iassy, 1994, p. 58. D'ailleuis S. Manuilă a usé de sa position entre 1942-1944 pour protéger la population juive de Bucarest. Sous le prétexte que l'Institut Central de Statistique qu'il dirigeait avait besoin de personnel auxiliaire qualifié pour ses opérations statistiques, S. Manuilă a sollicité au Grand Etat Major d'exempter de l'envoi dans les camps de travail de milliers et de milliers d'intellectuels juifs. Ceux-ci ont été embauchés, de manière fictive, à l'Institut, pouvant travailler même à domicile, et étant de ce fait protégés de travaux pénibles et humiliants. Cf. Radu Lecca, Eu i-am salvat pe evreii din România, Bucarest, 1994.

Alianța familiilor din România: LEGEA NOASTRA DREPTURI POARTA, NOI LE CERSIM DIN POARTA-N POARTA

Alianța familiilor din România: LEGEA NOASTRA DREPTURI POARTA, NOI LE CERSIM DIN POARTA-N POARTA

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25_afrTitlul aminteste de memorabilele versuri ale lui Octavian Goga "Muntii nostri aur poarta, Noi cersim din poarta-n poarta". Ele se potrivesc perfect situatiei in care se afla cei 3 650 000 de cetateni romani care, din 2006 incoace, cer politicos si respectuos, dar insistent, organizarea referendumului pentru protejarea casatoriei naturale in Constitutie, se arată într-o analiză a Alianței Familiilor din România, preluată de Romanian Global News.
Au dreptul sa o faca iar Curtea Constitutionala le-a afirmat acest drept de citeva ori. Clasa politica, insa, dezagreaza si se opune. A politizat initiativa cetatenilor care au ajuns astfel sa-si cersasca drepturile. Intr-un fel, ne aflam in cea mai rusinosa si penibila situatie privind relatia dintre cetatenii tarii si clasa politica de dupa decembrie 1989. O situatie fara precedent care face Romania de rusine in rindul statelor Uniunii Europene. O rusine adusa peste Romania de clasa ei politica care se opune cu incapatinare organizarii referendumului. Clasa politica ne-a transformat in cetatenti de rangul doi ai Uniunii Europene. Elvetienii voteaza aproape in fiecare an o initiativa cetateneasca de revizuire a constitutiei ori un proiect de lege initiat de ei. Iar in Irlanda, irlandezii au decis prin referend, in mai 2015, soarta casatoriei in tara lor, iar pe 25 mai anul acesta vor vota revizuirea constitutiei pentru a determina soarta avortului. Irlandezi au tinut doua referendumuri constitutionale in doi ani. Romanii au lansat proiectul curent de revizuire a articolului 48 in 2015 si nici acum nu se contureaza pe orizont data tinerii lui. Clasa politica insista sa ne trateze ca pe niste cersetori de drepturi. Am ajuns sa ne cersim drepturile, batind la portile partidelor politice, ale Parlamentului, ale Cotroceniului si ale Guvernului.
Cine se opune ?
Opozitia, oficial declarata, vine din partea elementelor extreme din PNL, anti-familie, pro-avort si pro-homosexualitate, cit si din partea USR. De ani de zile PNL a devenit cuibul in care si-au gasit locul comfortabil unele dintre cele mai extremiste parlamentare din Romania, cele care promoveaza feminismul, avortul si drepturile "minoritatilor sexuale". Dl Iohannis a adoptat aceasi pozitie anti-referend si anti-familie. A facut si continua sa faca tot ce ii este in putinta sa previna tinerea referendumului. Iar la sfarsitul lunii trecute s-a pronuntat pentru adoptarea de legislatii anti-discriminare la adresa "minoritatilor sexuale" si pentru eliminarea "intolerantei" din Romania. Declaratiile dinsului par sa ne dea de inteles ca suntem cea mai din urma civilizatie a Europei, lipsita de toleranta si discernamint. Ba si eticheteaza pe cei 3 650 000 de cetateni care au semnat pentru revizuirea Articolului 48 "fanatici religiosi."
Romania Libera
E clar ca un razboi psihologic impotriva Coalitie pentru Familie, a organizatiilor care constituie Coalitia pentru Familie, inclusiv AFR, a personalitatilor mai vizibile care promoveaza si conduc acest proiect, si a bisericilor, in special Biserica Ortodoxa Romana, a fost declansat si continua pe mai multe nivele. Subiectul l-am discutat si anul trecut, dar revenim asupra lui, fiind surprinsi de un articol recent publicat de Romania Libera pe 24 aprilie. Articolul este sub forma unui interviu luat antropologului Vintila Mihailescu, autor al recentei Etnogeneza si tzuica. Printre altele, dl Mihailescu afirma despre romani ca "stam foarte prost ... la potentialul de creativitate si, nu in ultimul rind, in ceea ce priveste "gandirea rationala": cu unul dintre cei mai mari indici de religiozitate din lume, o religiozitate promovata mai mult habotnic prin invatamintul religios ..." Si, adauga dinsul, "viitorul unei tari in Secolul XXI nu prea poate a fi asigurat prin recursul la "familia traditionala" si increderea oarba in "ce spune popa".
Cuvintele dlui Mihailescu, reproduse in litere ingrosate de Romania Libera nu sunt doar necuviincioase la adresa romanilor si a religiei. Ele constituie o forma de dezinformare. Opinia dinsului ca "familia traditionala" fie ca nu poate, ori ca "nu prea poate" asigura viitorul unei tari in Secolul XXI e in intregime falsa. Suntem siguri ca nici unul din cititorii comentariilor noastre nu pot agrea cu aceasta afirmatie obtuza. Dimpotriva, comentariile noastre publicate cu regularitate din 2009 incoace duc la concluzia ca familia si casatoria naturala sunt singurele institutii care pot asigura viitorul unei tari, mai ales in epoca mondializarii si, specific vorbind, in Secolul XXI.
Incepem cu demografia. Doar familia si casatoria naturala produc copii. Fara copii nu exista viitor, nici pentru parinti, nici pentru tara si nici pentru societate. Afirmatiile dlui Mihailescu sunt cu atit mai eronate avind in vedere situatia precara demografica a Romaniei si a Europei. Nu stim daca Romania Libera a studiat ori publicat datele recent revizuite privind demografia Romaniei si publicate de Organizatia Natiunilor Unite. Mai devreme in an, ONU a publicat ultimele revizuiri, pe anul 2017, privind tendintele demografice ale tarilor lumii. Raportul contine proiectii si extrapolari pina in anul 2100. In 2017 Europa avea 742 de milioane de locuitori, dar in 2030 se prevede ca va avea 739 de milioane, 716 de milioane in 2050 si 653 de milioane in 2100. Putem deci extrapola ca de cind Europa a inceput sa legalizeze casatoriile homosexuale, la inceputul Mileniului III, pina in 2100, adica in 100 de ani, populatia Europei va scadea cu 100 de milioane de persoane. Familiile "netraditionale" si "casatoriile artificiale" ori "netraditionale" ale Europei nu produc copii. Si in aceasta categorie a familiei si casatoriei nenaturale nu includem doar pe cele intre persoane de acelasi sex ori parteneriatele civile. Includem si familiile sociale constituite din copii luati de stat de la parintii lor biologici si dati in crestere unor adulti platiti de stat, asa cum se practica in Scandinavia si Marea Britanie. Pe scurt, nu se poate nega existenta unei corelatii intre declinul familiei naturale, ori "traditionale" cum o numeste Romania Libera, expansiunea familiilor si casatoriilor nenaturale, si declinul demografic al Europei.
In contrast, conform datelor ONU, continentele si tarile care practica familia si casatoria naturala, vor mosteni, demografic vorbind, pamintul. De la 1,2 miliarde de fiinte umane in 2017, Africa va ajunge, conform datelor publicate de ONU, la 4,4 miliarde de oameni in 2100, Asia de la 4,5 miliarde la 4,7 miliarde, America Latina de la 646 de milioane la 712 de milioane, si Oceania de la 41 de milioane la 72 de milioane. Formula supravieturii deci e clara: familia si casatoria naturala centrate pe procreare si cresterea copiilor.
Conform aceluiasi Raport ONU, Romania se prabuseste demografic si imbatrineste rapid. In 2017, Romania avea 19,6 milioane de oameni, dintre care 15% erau sub 14 ani si 25% peste 60 de ani. Se sconteaza ca in 2030 Romania va avea 18,4 milioane de locuitori, 16,3 milioane in 2050, si doar 12 milioane in 2100. Familia naturala nu "prea poate" asigura viitorul Romaniei? Daca nu ea, atunci cine?
Japonia si Corea de Sud cu un picior in groapa
Daca Romania Libera si dl Mihailescu nu pun pret pe "familia traditionala" ca garantor al viitorului Romaniei in Secolul XXI, tari mult mai dezvoltate ca Romania, la fel ca si cele care au experimentat cu distrugerea familiei naturale, fac eforturi masive pentru stimularea casatoriei si a familiei naturale cu scopul de a-si asigura viitorul. In ultimele doua luni au aparut numeroase articole in presa internationala privind astfel de eforturi.
Pe 30 aprilie, de exemplu, New Yorker a publicat un dosar vast privind declinul demografic al familiei naturale in Japonia si eforturile guvernului japonez pentru a convinge tinerii japonezi sa se casatoreasca. Conform datelor ONU, dupa razoi, in 1950 Japonia avea 82 de milioane de locuitori, are 127 in prezent, si se estimeaza ca va avea 108 milioane de locuitori in 2050 si 84 de milioane in 2100. Adica, in 2100 Japonia va avea acelasi numar de locuitori ca in 1950, dar populatia va fi mult mai imbatrinita. Mai imbatrinita chiar ca si Romania. In prezent doar 13% din populatia Japoniei e sub 14 ani si 33% peste 60 de ani. Explozia demografica a Japoniei de dupa razboi, cauzata in primul rind de familia naturala, a fost motorul principal al miracolului economic japonez. Situatia demografica a Japoniei deja a ajuns atit de precara si ingrijoratoare incit oamenii cu bani inchiriaza familii cu ziua ori chiar cu jumatate de zi. [Articol: https://www.newyorker.com/magazine/2018/04/30/japans-rent-a-family-industry] Moda inchirierilor de familii a inceput in 1989. Japonezii tanjesc dupa familia naturala pentru ca sunt singuratici. Nu se casatoresc si isi concentreaza viata asupra vietii profesionale nu cea de familie. Au ajuns atit de singuratici incit mii dintre ei mor singuri acasa fara ca nimeni, nici chiar vecinii, sa stie ca au murit, iar cadavrele lor sunt depistate de autoritati chiar luni dupa deces. In Japonia exista firme specializate in inchirierea de sotii, soti ori copii, cu ora, ziua, ori mai mult. O astfel de firma e Family Romance. Costul pentru o sotie si o fiica pentru o dupa masa la o plimbare in parc si o masa la un restaurant decent e de 370 de dolari. Barbatul care vrea sa-si inchirize o sotie si fiica pentru o jumatate de zi completeaza un formular online specificind calitatile si gusturile. Firmele acestea aduc bani cu gramada. Un barbat a jucat rolul de "sot" la 100 de femei din 2009 incoace si din asta traieste.
Un exemplu, poate chiar si mai dezastruos, e Corea de Sud unde statul si universitatile fac eforturi masive pentru a-i convinge pe tineri sa se casatoreasca. Pe 27 aprilie BBC a publicat un dosar privind declinul casatoriei in Corea de Sud si implicatiile lui negative. Concluzia autorului este ca tinerii sud correeni nu se casatoresc iar cei care se casatoresc nu fac copii. Declinul demografic al Coreei de Sud e extrem. In 2017 s-au nascut, raportat la fiecare femeie, cei mai putini copii din istoria Coreei de Sud, 1,05 de copii de femeie. Dupa cum se stie, pentru a se mentine constant nivelul demografic al unei societati e nevoie de o rata a fertilitatii de 2,01 de copii de femeie. Guvernul sud corean e alarmat si cheltuie miliarde de dolari pentru a stimula si promova familia si casatoria naturala. Au fost adoptate legislatii care cresc concediul de nastere, concediile pentru barbati sa stea acasa cu copiii nou nascuti, alocarea de fonduri pentru stimularea fertilitatii si beneficii speciale pentru familiile cu trei sau mai multi copii. Iar universitatile predau cursuri care invata pe tinerii adolescenti cum sa faca curte, de ce familia si casatoria sunt importante, si cum sa-si gaseasca partenerii potriviti. Tinerii sunt ingrijorati ca daca se vor casatori nu vor putea sa se intretina, sa cresca copii, sa-si cumpere o casa, ori isi vor pierde independenta financiara. Studentilor care iau aceste cursuri li se impune sa iasa impreuna si sa practice ce au invatat la cursuri privind relatiile de cuplu si casatorie.
Numarul casatoriilor in Corea de Sud scade vertiginos. Statistici oficiale privind casatoriile au fost incepute in 1970. In 2017 a fost inregistrat cel mai scazut numar de casatorii, 264.500, cu 6% mai putin ca in 2016. In 2007 au fost inregistrate 340.000 de casatorii. Dupa cum se vede, e mai mult decit o scadere de cifre. E un colaps. Corea de Sud e si tara care imbatrineste cel mai rapid din lume. Mai mult de jumatate din populatia tarii e oficial batrina decit tinara. Deasemenea, varsta medie la care se casatoresc sud coreenii e in crestere, 32,9 de ani la barbati si 30,2 la femei. Iar in 2017 varsta medie la care femeile sud coreene au avut primul copil a fost de 31,6 de ani, cea mai inaintata varsta din lume. [Articol: https://qz.com/1234031/marriages-and-birth-rate-in-south-korea-fall-to-record-lows-according-to-census-statistics/]
China comunista doreste familia naturala
Si China comunista vede in familia naturala garantorul viitorului ei. Pentru 36 de ani China a fost un inamic incapatinat al familiei "traditionale" pentru ca ea producea copii, o "pacoste" pentru economia Chinei comuniste. Comunistii chinezi, insa, s-au trezit si pretuiesc mai mult ca oricind familia "traditionala" pentru ca numarul copiilor care se nasc in China scade de la an la an. Acesta e pretul pe care-l platesc pentru cele aproape patru decenii de atacuri masive la adresa familiei "traditionale".
Mai devreme in an Leta Hong Fincher a publicat Leftover Women: The Resurgence of Gender Inequality in China, al carei titlu ar putea fi tradus in romaneste ca "Femeile trecute - ascensiunea inegalitatii intre sexe in China". Conform autoarei, numarul copiilor care se nasc in China e in scadere vertiginoasa, populatia imbatraneste rapid, forta de munca e in scadere, iar tinerii chinezi, la fel ca si cei vietnamezi, prefera sa migreze pentru a munci in Japonia ori Corea de Sud in loc sa ramina in China. Raspunsul recent dar mecanic al comunistilor chinezi a fost sa perimta familiilor sa aduca pe lume doi copii in loc de unul, nadajduin astfel ca pina in 2050 numarul muncitorilor chinezi va creste cu 30 de milioane, suficient pentru a plati pensiile celor in varsta. Din nefericire pentru China, scrie Hong Fincher, numarul copiilor nou nascuti e in scadere nu in crestere. In ianuarie comunstii chinezi au publicat datele demografice pe anul 2017 conform carora in 2017 natalitatea in China a scazut cu 3,5% in comparatie cu 2016. Motivul principal este ca tinerele se casatoresc tot mai tarziu si nu fac copii, anii cei mai fertili pentru tinere fiind intre 24 si 29 de ani. In mai 2017 guvernul chinez a facut un sondaj de opinie care a cuprins 40.000 de femei tinere. Patruzeci la suta dintre ele nu aveau copii si declarau ca nu vor sa aibe copii de fel, iar 63% dintre ele au declarat ca nu vor sa aibe mai mult de un singur copil. Consecintele ideologiei si politicii anti-nataliste sunt, dupa cum se vede, evidente si in intregime negative. [Articol: https://www.nytimes.com/2018/02/20/opinion/china-women-birthrate-rights.html?rref=collection%2Fsectioncollection%2Fopinion-contributors&action=click&contentCollection=contributors®ion=stream&module=stream_unit&version=latest&contentPlacement=37&pgtype=sectionfront] Deasemenea, The Times of London a scris recent ca guvernul chinez intentioneaza sa reduca varsta legala pentru casatorie pentru a stimula casatoria naturala. [Articol: https://www.thetimes.co.uk/article/china-urged-to-lower-legal-age-for-marriage-6trgqsg5l]
Homosexualii nu se casatoresc
Legalizarea casatoriilor homosexuale ori a familiei ne-naturale e fara rost. In tarile unde ele au fost legalizate, numarul casatoriilor homosexuale a fost relativ semnificativ imediat dupa legalizarea lor, dar devine aproape infim si irelevant din punct de vedere statistic unde au fost legalizate. Ultimele date care sprijina argumentul nostru, care l-am facut de ani de zile, au fost publicate recent in Noua Zeelanda unde casatoriile homosexuale au fost legalizate acum cinci ani. In 2017, au fost incheiate in Noua Zeelanda 20.685 de casatorii si uniuni civile, dintre care doar 486 intre persoane de acelasi sex. Aproximativ jumatate din ele, insa, au fost casatorii facute de homosexuali straini care nu se pot casatori in tarile de bastina. [Comentariu:https://www.stats.govt.nz/information-releases/marriages-civil-unions-and-divorces-year-ended-december-2017] Franta a legalizat casatoriile homosexuale tot acum cinci ani. De atunci au fost incheiate 40.000 de casatorii homosexuale, adica 80.000 de homosexuali s-a casatorit, un numar infim in comparatie cu populatia relativ vasta a Frantei. Asadar, in jur de 8.000 de "casatorii" homosexuale pe an. Anul trecut, insa, numarul acesta a scazut la 7.000 si continua sa scada.
Ne cersim drepturile
Am ajuns sa ne cersim drepturile conferite noua de Constitutie. Ceva mai josnic ca asta nu se poate. Clasa politica ne-a transformat in cersetori, ei, cei care, fara exceptie, propovaduiesc virtutile statului de drept dar ne le practica. Parlamentarii si dl Iohannis au transformat astfel Romania intr-un spectacol fara precedent si fara capat pe orizont. Ne-au facut de rusine in Europa. Cum atunci mai putem noi, cetatenii, sa-i luam in serios cind ei ne cer voturile?
SOLICITAM VOLUNTARI PENTRU REFEREND
Informatiile publicate in presa in ultimele luni ne dau nadejde ca referendumul pentru casatorie va fi programat curind. Avem la dispozitie cel mult 30 de zile sa ne mobilizam pe noi si publicul din Romania sa se prezinte la vot. E nevoie ca cel putin 30% din intregul electorat roman sa se prezinte la vot pentru ca amendamentul la Articolul 48 sa fie adoptat. Conform datelor oficiale, in intreaga lume sunt aproximativ 18 milioane de cetateni romani cu drept de vot, adica persoane care locuiesc in Romania ori in afara Romaniei, au peste 18 ani si detin un buletin de identitate ori pasaport romanesc valabil, si un cod numeric personal. Restul romanilor ori cetatenilor romani care nu ideplinesc aceste conditii nu pot vota.
Concret, deci, e nevoie ca cel putin 5,4 milioane de cetateni sa se prezinte la referend si sa voteze. Daca luam in calcul ca 10% din voturi ar putea fi anulate din diferite motive, e necesar ca cel putin 6 milioane de cetateni sa se prezinte la vot. La prima vedere, numarul acesta pare sa intimideze si sa descurajeze, o impresie pe care mizeaza cei care se opun referendumului.
Am ajuns la ultima suta de metri si se impune sa ne continuam alergarea cu toata convingerea, perseverenta si determinarea pina la capat. Din 2006 incoace ati dat 3 650 000 de semnaturi pentru Articolul 48 si trebuie sa dublam acest numar pentru revizuirea lui oficiala prin prezenta la vot. Lucrul acesta e posibil, dar avem nevoie de mobilizare. Incepind chiar de astazi sugeram cetatenilor tarii sa faca din referend preocuparea lor principala zilnica si subiectul lor principal in discutiile cu cei din familie, biserici, parohii, omilii si persoane terte. Sa-si incurajeze prietenii, colegii si pe toti ai lor sa voteze.
De ce e nevoie?
Vom coopera cu celelalte grupuri pro-familie din Romania si ne vom coordona eforturile pentru mobilizarea publicului. In principal, avem nevoie de voluntari care sa distribuie fluturasi si materiale in sprijinul referendumului peste tot unde este permis de lege: in spatiul public, la birou, in biserici, la vecini, etc. Avem nevoie de mii de voluntari.
Intentionam deasemenea sa facem intruniri cetatenesti in diferite orase si localitati din Romania pentru mobilizarea publicului. Nu mizam pe acces la mass media. Dimpotriva, ne asteptam ca mass media sa ne stea impotriva, sa dezinformeze, sa distorsioneze mesajul nostru si al vostru, sa va descurajeze, sa atace Biserica, persoanele si organizatiile cetatenesti care promoveaza referendumul, si sa acorde spatiu generos celor care ni se opun.
Repetam: avem nevoie de mii de voluntari. Cei interesati sa ajute ca voluntari sunt rugati sa raspunda acestui email ori sa ne scrie separat la adresa office@alianta-familiilor.ro. Avem nevoie de (1) numele dvs intreg; (2) orasul in care locuiti; si (3) numarul de telefon pentru a va putea contacta in timp util. Important: avem nevoie de toate aceste informatii. Daca una din ele lipseste nu va vom putea contacta si, deci, folosi.
Sali de conferinte: Cei care ne puteti pune la dispozitie sali de conferinte unde ne putem intilni cu voluntarii si cetatenii, va rugam sa ne scrieti.
IMPORTANT: Ca urmare al apelului lansat in editiile precedente, deja am primit multe mesaje din partea dvs dorind sa fiti voluntari. Datorita numarului mare de mesaje, nu putem raspunde individual fiecarui voluntar care ne scrie, dar confirmam primirea mesajelor dvs. Va vom contacta odata ce data exacta a refendumului este anuntata oficial de autoritati.
Pentru familie, casatorie si viitorul copiilor nostri si al Romaniei!
Va multumim! Alianta Familiilor din Romania!
ARTICOLUL 16 DIN DECLARATIA UNIVERSALA A DREPTURILOR OMULUI
Articolul 16 din Declaratia Universala a Drepturilor Omului afirma: "Cu incepere de la implinirea virstei legale, barbatul si femeia, fara nici o restrictie in ce priveste rasa, nationalitatea sau religia, au dreptul de a se casatori si de a intemeia o familie. ... Familia constituie elementul natural si fundamental al societatii si are dreptul la ocrotire din partea societatii si a statului". Familia romana isi cere drepturile. Aceste drepturi le pledam, le-am pledat din 2006 incoace, si vom continua sa le pledam. Sunt cele mai pretioase dintre drepturi dar si cele mai abuzate azi. Pretuiti-le!

„Fundația Doina Cornea nu este nici fabrică de cuie, nici instituție bugetară”

 Leontin Horațiu Iuhas: „Fundația Doina Cornea nu este nici fabrică de cuie, nici instituție bugetară” Posted on septembrie 14, 2026 Un edit...